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 Pièce

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Pierrot66
Petit poète
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Age : 26
Date d'inscription : 03/08/2009

MessageSujet: Pièce   Mer 5 Aoû - 16:11

Bonjour à tous ! Mort de rire
Voici une pièce de théatre écrite par moi même et remaniée par mon ami Jorda-Manaut Pierre. En attente de vos commentaires, bonne lecture ! Lol



Préambule



Homme :

Nous voici.
Nous sommes présents, réunis ici, en ce lieu où le silence se confond avec la parole, et où celle-ci parfois se fait chair.
Aragon et son Crève-cœur peut-être pourraient introduire cet épisode de notre vie, ils diraient :
« Nous parlerons d’amour tant que le jour se lève
Et le printemps revienne et chantent les moineaux
Je parlerai d’amour dans un lit plein de rêves
Où nous serons tous deux comme l’or d’un anneau ».
T’en souvient-il ? Je t’ai passé jadis un anneau, en te jurant qu’avec toi j’irai jusqu’au bout du chemin. Et tu bifurquerais, nul doute, si je te disais tout simplement que je t’attends.

Femme :

Il n’aurait pas fallu nous mentir. Il n’aurait pas fallu nous dire que nous nous aimions. Il n’aurait pas fallu que tu t’éloignes de moi. Et toi, te souviens-tu que lorsque nous nous sommes aimés tu me disais que je n’étais pas ta femme et que tu n’étais pas mon homme, mais que tu étais mon compagnon et que j’étais ta compagne, et que nous nous accompagnions tout au long d’un chemin ?
Je n’ai pas même besoin de bifurquer et il n’est plus temps pour toi de m’attendre, puisque c’est toi qui as bifurqué le premier.
Pour cela je t’en veux, et aussi parce que tu n’assumes pas ta fuite. Les hommes fuient après l’amour comme ils fuient face à l’amour.
Et tu as fui, parce que tu t’es aperçu que je suis par essence comme ce personnage qui nous visite parfois en rêve et qui vole les ombres de toute chose et qui lit nos âmes, et qui nous porte ce qu’il porte en lui, le grand Néant tout sombre de vide. Tu as eu peur de t’abîmer dans l’inconnu, tu as fui face à l’amour comme on essaie de fuir face à la mort.



Ambule



Homme :

J’ai fui, bien sûr, et parce que je suis un homme.
Et parce que je suis un homme je suis un pécheur et je suis maintenant puni par où j’ai péché. Te voilà, me jetant ces mots à la figure comme si je t’avais fait un outrage. Les mots qui sortent de ta bouche sont durs, parce qu’ils me sondent et me percent, et que je ne les comprends pas.

Femme :

A quoi bon des mots, des paroles, puisqu’ils sèment entre nous la discorde ?

Homme :

Parce que c’est ainsi, parce que je ne te comprends plus. Nos regards ne se croisent plus. Le dernier secours aurait été que tu trouves les mots qui me caresseraient et qui me retiendraient. Et c’est pour cela que nous nous quittons, parce que tu ne les sais pas.

Femme :

Ne me rends pas coupable du meurtre de notre lien. Nous ne nous quittons pas, c’est toi et toi seul qui m’abandonnes, avec des mots plus durs que ceux que je t’adresse.

Homme :

Mes paroles de paix sur tes lèvres… j’aurais aimé qu’elles fussent un baume à ton cœur ! et elles ne le furent pas.
Mais qu’en est-il de cette image, celle-là qui suspend à la main le ciel séduit par la ligne courbe de tes bras ? Elle est toujours là cette image, puisque c’est mon regard qui la créa, cet instant bref d’éternité dans lequel je me suis perdu.



La démesure



Homme :

Je vous ai vue marcher si tranquille et si lasse, et ainsi êtes-vous passée, sans avoir laissé derrière vous autre chose que cette ligne brisée où j’ai cru vous saisir.
Et je vous ai suivie. Si vous saviez, il m’a fallu traverser l’Enfer !

Femme :

Et qu’appelles-tu l’Enfer ?

Homme :

C’est la distance qui me sépare de toi. Il m’a fallu construire un pont celui du Diable peut-être, pour te rejoindre. Ce pont c’est moi qui l’ai d’abord franchi, et puis tu étais avec moi.

Femme :

Etais-tu heureux ? Il faut croire que tu ne l’étais pas. N’était-ce déjà pas merveilleux d’avoir franchi l’Enfer et d’être ensemble ? Tu voulais retraverser le pont, l’Enfer devait bien te plaire. Quel est donc ce gouffre de solitude qu’un homme a dans son cœur ?

Homme :

Moi, je sais que j’ai bousculé les deux-trois mots qui me faisaient une poésie égoïste pour laquelle je donnais les fleurs de ma mémoire et consacrais mon amour.

Femme :

Tu es certes allé aux confins des possibles, mais sans revenir gagnant. Ta pauvreté t’exclut de la communauté humaine amoureuse ; tu ne comprends qu’une chose de l’univers : que tu n’y comprends rien. Et pour chanter je ne dis pas mieux, mais plus justement les choses indicibles de ta vie restent ces deux-trois visages qui te disent que tu n’es pas le fou que tu crois être, ou alors reste mon baiser, futile peut-être mais pour lequel éternellement tu désires vivre. Ô toi qui te dis ignorant, sache que ce n’est pas pour la vie mais pour l’amour que l’on aime vivre.



Le chemin de chacun



Femme :

Ma voie, je l’ai choisie afin de pouvoir être toujours tournée vers le monde.

Homme :

Moi je me colle au vent, je ne vois pas le monde, ne le verrai jamais.
Comme l’amour blessé, au moins mes romances je les ai connues
J’écris comme d’autres boivent, pour m’envahir, me dévaster, me crucifier.



Suffit-il d’aimer ?



Femme :

Faut-il aimer ? Y a t il goût encore de pleurer et fiancer nos vœux sont des preuves d’oublier un instant que nous ne sommes pas d’immenses grandioses archanges. Frémissant encore de faire mieux que de croire j’ai arraché tes yeux au soir comme une fleur ensanglantée.

Homme :

Et ton rire qui s’entrechoquait dans un soupir où nous étions, mon ange et ma chevelure, rien n’a de prix comparé aux cheveux dont je suis épris, ô mon amante délicieuse mon étoile de mer mon goût d’algue et de baiser ; suffit-il d’aimer ? Reste le squelette rouillé en haillons de mon amour, abîmé de passer devant chez toi.

Femme :

Suffit-il d’aimer ? Sans doute. Toi qui m’as fait souffrir, se peut-il que je te connaisse et que j’aie pour toi le sentiment passé qui renaît de ces mots ?
L’amour ça se fout des amants.



La prise de tête



Femme :

Je reste seule et surprise, tu n’en auras fait qu’à ta tête.
Et mes pluies sur ton visage ruissellent. Faut-il que la magie de mes lettres heurte mon silence de tête ? Car quoi ! Ne se peut-il que je chante dans les hauteurs qui sont les vôtres ce que vous ne voulez ni d’Eve ni d’Adam et quoi !
Ton cœur brûle d’être à jamais l’absente passion de demeurer prés de mes lèvres et je te dis ces mots sans fins rares vertiges...

Homme :

...Où passe l’aléatoire des ciels blancs.

Femme :

Tes yeux lumineux que tes cris peignent, ton parfum de fuyant avaient le fard de tes rires.

Homme :

Je n’en aurais fait qu’à ma tête que tu m’auras faite perdre.

Femme :

J’aurais aimé prendre cette tête, et la vider, et la réduire, comme le faisaient les indiens jivaros, pour capturer ton âme et la rendre meilleure.



Le discours révolutionnaire



Homme :

Tais-toi ! Nous interdirons le charcutage de l’esprit pour des raisons d’état, de bonnes mœurs, de santé publique, de liberté-égalité-fraternité, disent-ils ! de volonté, de société !
Je ne veux pas changer d’univers mais l’univers !
Au commencement était le silence. Et le verbe se fit chair tel qu’il en fut raconté dans les livres anciens. Le verbe contient tous les éléments de la création. Qu’est-ce que la perversion ? La parole ; un rêve qui se réalise et s’en retourne au rêve. La seule parole est péché si elle est chair !
« Enfer que tous tes damnés se branlent Irène a déchargé » !
Tu vois petit c’est comme fabriquer de l’électronique on commence par faire des mathématiques puis le monde s’engloutit dans un glaçon au fond d’un cœur et ça jouit. Or les oiseaux fabriquent des oisillons. Les papillons des papillons. Ainsi je n’ai pas dit que le monde ne pouvait avoir raison. Et la raison ne suffit pas entre les hommes les femmes et les enfants ensuite. Mais c’est à dire que savez-vous de la réalité vieil homme ? JE VEUX DIRE SI VOUS VOULEZ FAIRE L’AMOUR JE METS MES IDÉES DANS SON CON ÇA TE GÊNE MOI JE ME SUIS PAYÉ LE SOLEIL GRATIS ET FORD ME DONNE UN BAISER D’AMOUR ÇA TE GENE MOI PAS SI JE VEUX UN BAISER JE DIS JE T’AIME MEC FILLE MAMAN PAPA DONC C’EST LA PAIX ! Or j’en avais fait des considérations générales j’ai ajouté avec un petit sourire et si vous aussi.
ALORS TRÈS CHÈRE AMIE JE T’AIME ! Et moi aussi, je m’aime.
Mon général j’ai par la présente à vous associer à mes dossiers les plus formidables et j’ajoute aux oiseaux les oisillons. Aux papillons les papillons.



Mort d’un personnage



Chœur :

Souveraine sur ces jambes ailées, elle le quitta. Sur son carnet de notes éparses, pleuraient comme des mollards bleus ces mots : « je le quitte parce que je ne sais pas et que je sais quand je dois rester et qu’il me faut le quitter parce que je ne saurai jamais ». Elle l’avait noté pour s’en souvenir, pas pour le montrer, elle n’a pas besoin de le montrer car c’est trop évident ; pour s’en souvenir, donc, et se souvenir qu’elle peut maintenant commencer à l’oublier. Une note dans un carnet le lui rappellera.
Et lui, sombre et vil, vieillissant dans ses pantalons gras les cheveux plus salis que les trottoirs de ses tristes histoires, il s’encroûte et mégote, et sa voix presque indolore et parfois pathétique s’endort, sans pouvoir articuler les mots qu’il n’arrive plus à écrire ; l’écriture ne le saoule plus, il boit.
S’emmaillotant et tergiversant les yeux comme des peut-être, elle le quitte en éclatant de rire, et son rire plisse son nez qui est un délice comme une rose croix.
Lui cependant pleure tandis que sonne à ses oreilles le rire de celle qui lui fut, et qui sonne comme des orgues des délices d’amours musicales et du silence roi.
Ses yeux sont des calices d’où pleurent des souvenirs.
Ils ne pleurent maintenant plus, la source s’est tarie.



Déambule



Homme :

Je n'avais qu'à être à côté de toi et me taire. Mais il a fallu que j'emplisse ton corps de mots, que je déverse ce qui méritait le silence sur toi. Pour cela je suis un idiot. Pour d'autres choses aussi que tu gardes en toi et qui resurgissent lorsque les cloches sonnent sous forme de signes. Cela a un bel avantage d'être mort. Je vois ce que ne voient pas les vivants. Je comprends ce que les vivants ne comprennent pas. J'entends des choses qui vous échapperaient. De tout cela je suis riche et je t'attends pour t'y guider, te montrer que je sais écouter, écouter et attendre. Peut-être choisiras-tu à ma place un elfe, une licorne ou les amours platoniques des anges. Je me tairai moi et j'irai inscrire sur les bandelettes tombées à mes pieds tout ce que j'ai vu de la terre que j'ignorais auparavant. Je les enverrais par des voies subtiles à notre enfant et aux enfants de notre enfant. Mais pour l'heure toutes ces bandelettes m'entravent et me compliquent. Elles compliquent ma mort. Ma vérité est celle que tu détiens ma vérité est que je suis mort et que ces bandelettes m'entravent. J'ai appris tout ce que je te dis après avoir traversé ce qui nous sépare encore. J'ai appris ta ruse et ton intelligence, l'origine de ta grâce tes magies les plus coquines. Je me suis encore vu mais dans ton regard et j'ai compris combien tu étais forte de m'aimer. J'ai compris qu'un enfant ne naît pas de semence mais des forces composées de ton regard et de ton écoute. J'ai compris ce que tu me disais et puis je me suis tu. Que voulais-tu de moi ? Rien de plus que le peu que je t'ai donné et ces cloches qui sonnaient notre progression dans l'amour. Rien de plus et pourtant mal assise tu demeurais.
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