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 "Et si..." - chapitre 1

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Manu
Petit poète
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Nombre de messages : 40
Date d'inscription : 07/01/2010

MessageSujet: "Et si..." - chapitre 1   Ven 9 Avr - 16:29

"Il est mort."
L'inspecteur Lewis qui était assis devant moi venait d'arriver et m'avait annoncé la triste nouvelle. C'était un homme âgé. Son fils devait avoir l'âge de mon ami. Il semblait touché par ce qu'il venait de dire. Ca ne doit pas être facile d'annoncer la mort de quelqu'un à ses proches. Il devait avoir peur de leur réaction.
Et il avait raison.
J'eu le souffle coupé. A vrai dire, je n'avais compris ce qu'il avait dit. Je pense plutôt que j'avais comprit : "Il est gravement blessé mais il va s'en remettre." Alors dans le doute, j'ai demandé :
"Il est vraiment... mort ?"
Jamais je n'aurais cru avoir tant de difficultés à admettre sa mort.
"Oui, confirma l'inspecteur de police. Votre ami est mort. Une balle dans la tête."
Là ce fut le néant. Puis tout se mélangea dans ma tête. D'abord je me demandais ce qui se serait passé si j'avais été là pour l'aider. Et si j'avais été là ? Et si je ne l'avais pas invité ce jour là ? Et si on avait été tous les deux capturés ? Et si on avait été ensemble face à ces ordures ? Et si... si...
Impuissant, désemparé, je murmurais :
"Et si..."
"Ne vous culpabilisez pas comme ça, monsieur... Ce n'est pas votre faute, tenta de me convaincre le policier.
- Pas ma faute ? m'écriai-je. Mon ami est mort ! Mort ! Et je n'ai rien pu faire pour le sauver ! Je n'ai pas pu l'aider ! Je..."
Je me levai et frappai dans le mur. Un coup de poing violent mais qui me fit plus de mal à moi qu'au mur. Je me remis à gifler le mur, à taper dessus avec la main. Rien. La douleur ne s'en allait pas. Le cauchemar n'était pas terminé. Il était mort.
"Rassurez-vous. Au moins, il ne souffre plus, ajouta l'inspecteur, espérant que cette nouvelle me calmerait.
- Peut-être, mais moi, maintenant, je souffre, répondais-je sèchement.
L'inspecteur de police ne dit rien. Moi, je parlai, je pleurai et je râlai tout en marchant.
- Cet égoïste est mort en nous laissant à nous le soin de souffrir.
- "A nous" ? répéta le policier.
Je me tournai vers lui. Il semblait surpris.
- Oui, à nous, répétai-je.
- Je croyais qu'il n'avait pas de famille, avoua l'inspecteur.
- Elle a été décimée pendant cette guerre. Mais, il avait plusieurs amis. J'en faisais parti. En fait, nous étions une grande famille, expliquai-je.
- "Etions" ? Comment ça ?
- Cette stupide guerre nous a éloignés. Aucun cependant n'avait encore été tué. C'est le premier membre de la famille qui soit mort.
- Je vois...
L'inspecteur avait l'air de comprendre. Mais en vérité, je le devinais, il se posait plein de questions. Alors je pris les devants :
- Vous vous demandez sans doute où sont les autres ?
- Oui, mais je me demande aussi comment ce fait-il que nous n'ayons trouvé chez lui que des documents concernant votre ami et vous, déclara l'inspecteur.
Je ne répondis rien. Il pensa que j'avais quelque chose à cacher, mais en fait, je me posais la même question que lui. Il pensa certainement avoir touché un point important pour l'enquête ; il demanda en conséquence :
- Vous...
- Non, il ne s'agit pas de moi, inspecteur Lewis. Il s'agit de lui, le coupai-je.
- Comment ça ? fit-il, étonné.
- Il y avait une règle dans notre famille : on gardait tout dans notre tête à propos des membres de la famille. On n'avait jamais de trace pouvant mettre en tête à des soldats d'aller les chercher eux aussi.
- Vous voulez dire que vous n'aviez ni photos, ni mails, ni lettres, ni...
- Ni même leurs coordonnées dans notre portable si c'est ce que vous voulez savoir ?
- Et pourquoi ? A cause de cette guerre ? s’enquit monsieur Lewis.
- Pas exactement. C'est à cause de la corruption et de la barbarie qui y règne. Mes amis sont ma famille au même titre que mes parents et mes frères et sœurs. Jamais je ne les trahirais. Mais je préfère prendre les précautions nécessaires pour éviter de les inculper si jamais je me faisais arrêter par des soldats, ennemis ou alliés, racontai-je.
- Vous me dîtes tout ça, mais vous semblez ne pas vous soucier de ma position ?
Vas-y cause toujours. Je me disais que celui là était suffisamment réglo. Maintenant il cherche à en savoir plus. Pas de panique : je m'y attendais.
- D'après vous, n'y a-t-il pas un danger que je sois corrompu ? Comme beaucoup de soldats, de policiers, de politiciens ou de civils de nos jours ?
- Inspecteur Lewis, premièrement je ne vous ai pas dit leurs noms. Deuxièmement, vous devez bien vous doutez que cette guerre a commencé, c'est-à-dire il y a a peu près trois ans, vous devez bien vous doutez que j'ai pris des dispositions contre les personnes corrompues qui essaieraient de me nuire, n'est-ce pas ?
Je me demandais s'il n'allait pas prendre mes paroles pour une menace. Il ne broncha pas. Visiblement mon petit numéro l'avait plus rassuré qu'effrayé.
- Je vois... soupira-t-il. Ca me rassure de voir des gens comme vous. Il n'y en a presque plus de nos jours. Prudent mais honnête.
- Je vous remercie du compliment.
Il prit sa veste et se dirigea vers la porte de sortie. Une fois sur le seuil de la porte, il me dit :
- Ah oui, j'oubliais. Il faudrait que vous vous rendiez à la morgue pour identifier le corps. Histoire d'être sûr que ce soit bien votre ami.
Je ressenti comme un noeud dans l'estomac. Puis comme une boule dans la gorge. J'avais du mal à respirer. L'idée de le voir bel et bien mort ne m'enchantait pas tout à fait. En revanche, ça se pourrait que ce ne soit pas lui. Alors je décidais d'y aller.
- Pourrais-je me rendre à son domicile ? demandais-je au policier.
- Bien sûr.
- Merci.
Il me salua et s'en alla. Après m'avoir dit une dernière fois "toutes mes condoléances". ALors je me rappellais d'une chose.
- Ces dossiers que vous avez trouvé chez lui me concrenant, pourrais-je les voir ?
- Bien évidemment. Nous les avons laissés chez lui. Cependant, nous avons fait une copie au cas où quelqu'un serait tenté de les faire disparaître, fit l'inspecteur avec un sourire.
- Pourquoi ? Ils seraient compromettants ?
Je voulais faire une blague, histoire de montrer que je n'avais rien à me reprocher. Monsieur Lewis sourit devant celle-ci. Ca me fit un drôle d'effet. Je m'en voulais presque d'avoir oublié que mon meilleur ami venait de mourrir.
- Vous verrez bien..." dit-il en s'asseyant dans sa voiture.
Il démarra sa grosse voiture, une ford mustang noire, métalisée. Ma petite toyota faisait pâle figure à côté.
Il quitta le trottoir et alla au bout de la rue. Je ne sais pas pourquoi, j'ai préféré attendre qu'il soit loin avant de rentrer chez moi. Comme si j'avais des soupçons à son égard.
Je fermais la porte et me rassit dans mon fauteuil. Quelque chose n'allait pas... Quelque chose m'inquiètait.
L'inspecteur a dit qu'ils avaient trouvé des documents me concernant chez lui. Mais comment est-ce possible ? Il aurait transigé à la règle ? Impossible, il y tenait plus que tous les autres. Il connaissait les risques. Mais, ce qui me surprenait le plus, jusqu'à m'inquièter, c'était qu'il ne possèdait des documents seulement sur moi. Même pas sur les autres. Pourquoi ?
"Qu'est-ce qui t'es arrivé ?" murmurais-je. J'aurais bien voulu qu'il me réponde.
Mais il était mort.
Sa mort elle même semblait surnaturelle. C'était le meilleur d'entre nous. A la baston surtout. Il avait une grande goule et ne mâchait pas ses mots. Ceux qui lui cherchaient des crosses ne revenaient pas de si tôt après l'avoir affronté. Il n'était pas violent, mais il y recourait quand sa vie était en danger. Il avait l'air immortel. Même sous les tirs ennemis il survivait. Il avait fait quantité de mission.
Après tout, nous étions résistants.
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Doriangray
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Nombre de messages : 15
Age : 29
Date d'inscription : 30/04/2010

MessageSujet: Re: "Et si..." - chapitre 1   Ven 30 Avr - 6:32

Il y a de l'idée....je te dirais de plus "marqué" tes personnages..les décrire un peu plus ou simplement qu'on les devines par leurs traits de caractères...en toute honnêteté ils sont un peu plats...mais comme je te disais, il y a de l'idée ce n'est que mon point de vue, essaie de rendre ton texte plus accrocheur.

e me levai et frappai dans
le mur. Un coup de poing violent mais qui me fit plus de mal à moi
qu'au mur. Je me remis à gifler le mur, à taper dessus avec la main.
Rien. La douleur ne s'en allait pas. Le cauchemar n'était pas terminé.
Il était mort.

Pour ce genre de passage n'hésite pas a y mettre plus de rage et a varié ton vocabulaire(poing ect...)

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