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 "Et si..." - Chapitre 2

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AuteurMessage
Manu
Petit poète
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Nombre de messages : 40
Date d'inscription : 07/01/2010

MessageSujet: "Et si..." - Chapitre 2   Lun 12 Avr - 16:47

Je souris amèrement.
Il était là, souriant. Il était mort, c'était bien lui. Le voir bel et bien mort me souleva le coeur. Des larmes montèrent et brouillèrent ma vue un court instant. J'eu une boule dans la gorge et je crus que j'allais m'étouffer. Les larmes coulèrent et je pu revoir à nouveau. Je le vis sourire. Son visage était tuméfié à différents endroits ; témoins qu'il avait été frappé. Mais il souriait quand même. Et je ne pus m'empêcher de sourire moi aussi.
Je revis la première fois que je l'ai rencontré, ainsi que notre première conversation. Il avait déclaré ceci : " La mort nous sourit à tous. Tout ce qu'on peut faire, c'est lui sourire à notre tour."
Il l'avait fait l'enfoiré... Il avait sourit à la mort... Il est mort le sourire aux lèvres.
Je m'appuyais sur le bord de la table où son corps avait été déposé pour que je l'identifie. J'avais mal au ventre. Je crus que j'allais vomir. Mais finalement, c'était un malaise. Rien de plus.
J'examinais alors sa tête. Là où celui qui l'avait tué avait tiré.
Un trou. Un trou et du sang sur les bords. La peau brûlée autour du trou. Des filets de sangs séchés sur la joue, sur l'oreille et sur le cou.
Je serrai la table. Je pensais que si je le voulais je pourrai la briser. Je pensais que si je retrouvais l'ordure qui l'avait tué, je lui ferais la même chose. Je pensais que...
Mais je ne pus penser plus de chose. Je m'écroulais sur le sol en me tenant le ventre. Je senti mon coeur s'emballer. Je vomis. Enfin. Il fallait que sa sorte. Je vomis, je pleurai aussi parce que ça faisait un mal de chien.
J'entendis quelqu'un me parler. Puis je sentis qu'on me prenait par les épaules. Je ne compris rien et ne réagit pas. Je m'évanoui.
Certaines personnes disent que tout devient noir quand on perd connaissance. Je ne sais pas pourquoi mais tout est devenant blanc pour moi. Blanc... Comme le néant...

***

J'ouvris les yeux. Je vis que j'étais dans une autre salle. Plus blanche, plus lumineuse. Je me redressais et remarquai que j'étais sur un divan.

"Comment vous sentez-vous ? demanda une voix à ma gauche.

Je pus voir un homme vêtu d'une blouse blanche. Il y avait un badge sur sa poche. J'y lus : Docteur CARTER Jason. Il devait avoir la quarantaine. Il avait peu de rides mais des cheveux déjà plus blanc que gris. Ce n'était pas surprenant, ça arrive à beaucoup de personnes d'avoir des cheveux blanc plus tôt que la normale. Je lui répondis finalement :

- Je vais beaucoup mieux, merci.

- Vous souhaitez que je demande à quelqu'un de vous raccompagner jusqu'à votre maison ? proposa-t-il.

Il avait l'air d'être soucieux de ses patients. Patients ? Que fait un docteur dans une morgue d'ailleurs ? Je ne comprit pas trop. Alors je lui posa la question.

- Non merci, cependant, j'aurais une question à vous poser...

- Allez-y.

- Que fais un docteur dans une morgue ?

Il sourit.

- Je ne travaille pas ici. J'étais passé voir un collègue qui avait un doute quand à la cause de la mort d'un des cadavres qu'il avait reçu, expliqua-t-il. Je vous ai vu vous écrouler alors que je traversais la pièce où étaient gardés les morts. Par réflexe j'ai agis. Surtout que vous vomissiez. Ca aurait pu être dangereux.
- J'aurais pu m'étouffé avec mon vomi, c'est-ça ?
- Tout à fait... Mais passons, je me présente, je suis Jason Carter.
- Christopher Jones. Enchanté.
Il me tendit sa main. Je lui la serra. Je me levai en lui disant :
- Ravi, d'avoir fait votre connaissance, mais je dois terminer ce que j'ai à faire ici. Une affaire m'attend...
- Au plaisir alors ?
- Oui, au plaisir."
Il s'en alla lui aussi. Par une autre porte. Je suivi les indications qui me permettraient de retrouver la salle dans laquelle je me trouvais auparavant. En quelques secondes je me retrouvai dans la salle où était le corps de mon défunt ami.
Une autre personne était déjà là. C'était une femme. Elle portait une blouse. Brune, cheveux attachés en queue de cheval, de taille moyenne, elle débarassait la table.
Le corps ne s'y trouvait plus.
Je me rapprochai, je voulais revoir le corps une dernière fois malgré l'effet que cela produisit sur moi.
"Excusez-moi, fis-je pour commencer.
- Oui, bonjour, vous désirez ? demanda-t-elle d'une voix légére.
Je remarquai qu'elle avait de beaux yeux verts. Son regard était calme. Il appaisait. C'était la seule trace de douceur dans ce lieu morbide.
- Oui, je... Il y avait un corps de posé ici. Sauriez-vous où il est, s'il vous plaît ?
- Bien sûr, je l'ai rangé. On m'avait informé que quelqu'un était venu le voir pour l'identifier. Seulement il n'était plus là quand je suis arrivée.
- C'était moi. En fait, j'étais dans une autre salle à l'autre bout du couloir, expliqaui-je.
- Vous avez pu voir le corps ?
- Oui.
- Etes-vous en mesure de me dire de qui il s'agit ? me demanda-t-elle en me fixant dans les yeux.
- Oui, répondis-je, mal à l'aise, mais soutenant son regard.
- Alors, quel est son nom ?
Elle saisit une fiche qu'elle fixa sur une tablette puis prit un crayon dans une de ses poches extérieures.
- Son nom est Robert Davis, déclarai-je, à nouveau une boule dans la gorge.
- Son âge ?
- 21 ans... et trois mois.
- Résidence ?
- Inconnue.
- Très bien... Résidence des proches ? Parents, frères ou soeurs.
- Ils sont à deux patés de maison. A côté de la zone industrielle.
- Il n'y a pas de quartiers résidentiels dans ce coin là, s'étonna-t-elle.
- Non, mais il y a un cimetière, lançai-je.
Elle sembla surpris. Mais en même temps, elle sembla ne pas l'être du tout. Elle me regarda et j'en déduis qu'elle avait compris le message. Je ne voulais pas me moquer d'elle, ni faire une blague. Elle comprit que j'étais contre cette guerre. Elle comprit ce que je pensais sans que je lui expliques.
- Je vois... finit-elle par dire.
Il y eu un moment de silence.
J'eu alors une idée. Je n'y avais pas pensé auparavant, mais puisqu'il fallait que j'aille fouiller l'appartement de Bobby - Robert - il me fallait ses clefs. Elles devaient se trouver avec les affaires qu'ils avaient dû récupérer sur lui à son arrivée à la morgue. Je demandai donc poliement à la demoiselle de m'apporter ses affaires là. Elle s'en alla.
Pendant ce temps je réfléchis. Qui avait bien pu tuer Bobby ? Il y avait plusieurs possibilités. Des soldats ennemis auraient pu le tuer lors d'un assaut. C'était fréquent que des civils soient pris, capturés et assassinés sauvagement...
Elle revint et m'apporta les effets personnels de Bobby trouvés sur lui. J'y trouvais les clefs de sa voiture, de son appartement ainsi que son portable. Etrangement, ses papiers n'y étaient pas. Il y avait aussi un paquet de mouchoir, des bonbons à la menthe et enfin quelque tickets de caisse.
Je prenais le portable et essaya de voir s'il y avait quelque chose d'intéressant dedans. Malheureusement il était déchargé. Comme j'avais prévu de me rendre chez lui, cela ne me dérangea pas.
- Puis-je emporter ses affaires, s'il vous plaît ?
- Pas de problème."
Je remerciai la femme, lui souhaitai une bonne journée et filai en emmenant avec moi le tout. Je montai dans ma voiture et mis les objets sur le siège du passager avant. Puis je m'en allai, direction la maison de Robert.
Une question restait dans mon esprit : comment-t-il pu mourrir ?
Comment, lui, un ancien des meilleurs agents de la Résistance ?
Alors j'envisageai tout à coup une réponse : "Et si..."
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