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 "Et si..." - chapitre 5, partie 2.

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Manu
Petit poète
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Nombre de messages : 40
Date d'inscription : 07/01/2010

MessageSujet: "Et si..." - chapitre 5, partie 2.   Mer 12 Mai - 20:39

A vrai dire, même si je m'y étais préparé - en fait on ne faisait jamais confiance à personne de nos jours - je dû reconnaître que j'étais un peu perdu. Je ne comprenais pas pourquoi l'inspecteur Lewis ne s'en était pas pris à moi directement lorsqu'il est venu m'annoncer la nouvelle à propos de Lucas. Je ne comprenais pas pourquoi il ne s'en était pas pris à moi directement.
- Je crois que je vais y réfléchir... soupirai-je, égaré au milieu de tant d'incertitudes.
Et si ils avaient voulu me mettre sur une mauvaise piste ? Je ne pouvais me retenir de croire que ces gars là avaient pu choisir de me donner un faux nom pour qu'après ils puissent se sauver. Mais ils avaient rééllement peur que leurs chefs les retrouvent... Ca se pourrait que Lewis soit corompu en fin de compte.
- Si ce Lewis est un inspecteur de police, on a toutes les raisons de craindre pour nos vies, tu ne penses pas ? lança Anna.
Je me retournai. Cette remarque semblait inhabituelle. Je ne pouvais pas lire en elle comme je pouvais lire dans un livre, mais je sentais que ces paroles n'allaient pas avec son caractère.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? demandai-je.
- Je...
Elle me fixa. Je soutins son regard. Elle avait de si beaux yeux... Mais elle avait l'air étrange. Son regard ne déployait plus la puissance habituelle. On pouvait comprendre et mesurer qu'elle était la force de caractère qui l'habitait. Là, ce n'était plus le cas. On aurait dit... qu'elle avait peur.
Anna s'emporta :
- On n'a pas arrêté de passer nos journées à combattre et à lutter pour survivre et pour aider les autres à ne pas y laisser la vie, que ce soit lors de missions ou d'affrontements opposant les armées des deux camps ! Jamais on a eu de répit ! Jamais on a pu songer à construire une vie normale !
Elle s'arrêta. Je l'observais et me répétai que quelque chose n'allait pas chez elle.
- Anna, qu'est-ce que tu as ?
- Rien, siffla-t-elle. Je péte un cable, je dois être fatiguée.
Allez savoir pourquoi, mais je la croyais. Je n'avais pas envie de la contredire. Ca l'aurait mis en colère. Rien que cette pensée suffit à me lui faire dire :
- Tu as raison, repose-toi un peu."
Elle alla sur le canapé et s'allongea. Je ne me souviens plus très bien mais il me semble qu'elle s'était endormie aussitôt.
Quand à moi, je m'étais assis sur une chaise et faisait le guet. Il fallait partir du principe qu'un ennemi nous en voulait et qu'il fallait être prêt à l'affronter à n'importe quel moment. Me retrouver dans une situation pareille me fit sourire. Elle me rappella les années passées avec Lucas à éxécuter des missions pour la Résistance.
La Résistance.
Pendant un moment, elle avait tout représentée pour moi. Ma vie, mon but dans la vie, mes amis... tout. Ma famille avait périe dans une explosion, ou plutôt un bombardement. J'habitais à l'époque une petite ville. J'étais au lyçée, en fin de première année. Je devais rentrer à pied. Je me souviens avoir entendu l'alarme. Une sonnerie puissante. J'étais en train de remonter une grande rue, là où se trouvaient très peu de personnes et de maisons... Le sol trembla... Des avions passèrent au-dessus de ma tête... Certains s'écartèrent... D'autres continuèrent en direction de différents quartiers de la ville... Il pleuvait ce jour là. Je me souviens de la pluie, des bombes.
Et de mes larmes.
Impossible de les essuyer. Ma maison avait été épargnée. J'étais rentré et m'étais mis à guetter. J'attendais le retour de mes parents, de mon frère et de ma soeur. Je regardais la télévision pour me tenir au courant des informations concernant ce raid. Il faisait encore jour.
Le soir, personne n'était rentré. Je ne me faisais pas d'illusion. A la télé, certains journaux télévisés montraient des vues aériennes de la ville. Le centre et de nombreux quartiers avaient été détruits. La zone industrielle avait été rasée.
J'ai attendu. J'ai patienté jusqu'au lendemain.
Finalement quelqu'un avait frappé à ma porte. C'était un policier. Il était grand, mince et peu large d'épaules. Il semblait frêle. Il m'annonça sans rien ajouter de plus que toute ma famille avait périe à cause du bombardement. Il m'avait dit : " Toutes mes condoléances..." Je n'avais rien répondu. Je n'ai pas pu pleurer. Je lui ai dit au revoir et ait fermé la porte. Puis je m'étais assis et avais réfléchi.
"Si tu t'arrêtes de réfléchir, tu es mort, " disait un proverbe. J'ai pu le tester jusqu'à aujourd'hui. Et combien de fois j'ai pu me sortir de situations impossibles grâce à lui ! Je n'ai jamais eu l'occasion de me poser, de prendre le temps. Toujours plus vite, toujours plus fort, toujours plus efficace...
Anna avait raison. Il faudrait un jour raccrocher pour de bon. Fondre une famille, acheter une maison, et...
"Quel abruti je fais ! criai-je dans un murmure. La guerre est déclarée depuis un moment. Ma vie c'est la guerre. Même si j'avais des gamins, ils ne pourraient vivre qu'un enfer ici, dans ce monde !"
Je mis mon visage dans le creux des mains. Fatigué. Mais en vie. Je souriais, inlassablement. Il ne fallait pas laisser ce monde tuer le reste de vie et d'espoir que j'avais, que d'autres avaient. Non. Il fallait continuer à se battre.
"On ne sait pas pourquoi on se bat, on ne sait pas comment, on ne sait pas non plus pour qui, ni jusqu'à quand, disait Lucas. Mais on le saura... si on reste en vie". Il accompagnait cette remarque d'un sourire avant chaque mission. Il savait nous motiver. Lucas, c'était vraiment un taré. Il ne reculait devant rien. Certains le traîtaient de gamin. C'est vrai qu'avancer sans armes face à un type qui vous pointe le canon d'un pistolet vers la tête, faut le faire. D'autant plus si cet adversaire menace avec une autre arme et dans le même temps un de vos équipiers. Mais Lucas répondait à la provocation par la provocation. C'était son crédo.
Anna remua sur le canapé. Je me retournais brusquement. On ne sais jamais, elle aurait pu entendre quelqu'un. Elle ne dormait jamais profondemment. La preuve : les yeux clos, elle me lança :
"Tu as raison, attends que cette guerre soit finie. ALors, à cinquante cinq ans tu trouveras peut-être encore une femme qui veuille de toi."
Je ne pu m'empêcher de sourire. C'était vrai.
"Et si cette guerre n'avait pas commencée ? demandai-je dans le vide.
- Tu n'aurais pas rencontré toutes ces personnes, déclara Anna en se retournant de façon à dormir sur le ventre.
- Oui..."
Je me souvenais alors de tout.
Puis quelqu'un frappa à la porte. Je me levai. Anna s'était relevée et avait déjà sorti son arme. J'allai en direction de l'entrée et mis une main sur la poignée de mon "épée". Je me sentais mieux tout à coup.
Je demandai alors :
"Qui est-ce ?
-Inspecteur Lewis."
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